C'est un spectacle, une conférence passionnante qu'à donné la comédiene du théâtre du Kronope Joëlle RICHETTA ce jeudi soir à la salle des fêtes. Adepte de la commdia dell'arte, et d'un théâtre populaire et non populiste, elle a expliqué, costumée, l'art du masque, sa signification, ses grandes figures et ses personnages. La commedia comporte plusieurs séries de personnages, ceux qui ont le pouvoir, le savoir et les autres. Ainsi, sur des textes de La Fontaine, elle a joué "Pantalone", le "doctore" et le "capitane", avant de passer aux valets, souvent valorisée dans le théâtre de cette époque. Depuis l'Arlequin et son habit rapiécé de toutes sortes et couleurs de tissus, témoignages de son passage dans les différentes villes, en passant par Sabine, la comédienne a captivé et fasciné son public par ses démonstrations, son charisme et cet art maîtrisé jusqu'au bout des doigts. Et Puis Joëlle RICHETTA s'est aussi amusée avec le public, avec l'expression de masques plus contemporains, certains trouvant leur origine dans les caricatures de Daumier, exprimant les travers de toute une série de portraits actuels et déclenchant force rires. "Car le masque efface l'ego du comédien et le renvoie à son métier, à son rôle, tout simplement" expliquera-t-elle...
Difficile de résister à la tentation et après l'époustouflant "Knock" présenté au Festival sur un plateau 2007, la Charabotte est allée au "rab" en faisant revenir la compagnie avignonnaise du Kronope. Le public en redemandait et la salle des fêtes était pleine comme un oeuf. Sur les planches, le décor autour d'un lit baldaquin qui bouge, se déplie, est insensé, et au pays de Molière apparaissent même les vidéos projections, l'anachronisme faisant à l'évidence partie de ce théâtre baroque. Grâce aux masques, comme dans la commedia dell'arte, les comédiens du Théâtre du Kronope jouent plusieurs personnages, dans une mise en scène qui oscille entre bouffonnerie et émotion, proche aussi du cirque avec son trapèze volant et autres acrobaties. Et l'on ne peut qu'être admiratif de ce théâtre dans le théâtre, de ce rythme fou, abasourdis par la démesure, quant il faudrait plusieurs paires d'yeux et d'oreilles pour ne rien manquer des détails qui foisonnent dans cette pièce improbable.
Extravagance à tous les étages. Le vieux thème du jaloux corrigé est présenté en mettant en exergue son caractère burlesque accompagné d'une satire autant de la médecine que de la cupidité. Au coeur de la machinerie, on retrouve Argan, fabuleux Guy SIMON, hypocondriaque virulent et surtout bouffi de présomptions et de certitudes. Autour de lui s'activent Joëlle RICHETTA et la merveilleuse Anaïs RICHETTA dans les rôles d'une Toinette et de Belline, épouse cynique et longue sur pattes.
Alors qu'Angélique, cette fille adulée, doit être mariée de force. Tout autour, un cohorte de médecins, charlatans qui se multiplient sous les traits et surtout les masques de Martine BAUDRY et Jérôme SIMON. Ce malade imaginaire, c'est presque un opéra-rock au temps de Molière, un vrai spectacle de divertissement.