»   festival d'Avignon
du 8 au 24 juillet, a la Fabrik'theatre, 3 spectacles de la compagnie du KRONOPE mis en scène par Guy SIMON. Pour les horaires en alternance, voir le calendrier.
KNOCK de Jules Romains, "..les sucs les plus secrets de l'ouvrage.." Atlantica
Le Malade Imaginaire de Molière, "spectacle jubilatoire de théâtre total, mêlant jeu masqué, musique, danse, cirque..." Rue du Théâtre
Le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare, à la façon de saltinbanques... une adaptation entre rires et rêves éveillés...
 

 

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RUMEURS
20-07-2010 16:44:06

On est très souvent et très agréablement surpris par le Théâtre du Kronope... Derrière le foisonnement de masques et de costumes originaux, des gestuelles très fouillées parfois aux limites de la chorégraphie, des décors et des effets visuels et sonores, d'excellentes bandes musicales, qui touchent proprement au baroque, cette compagnie pratique un théâtre d'esprit indiscutablement moderne en repensant l'utilisation des moyens propres à la commedia dell'arte, à la danse ou au cirque. L'esthétique théâtrale qui en ressort s'est toujours admirablement accordée aux oeuvres montées montées par la compagnie, classiques ou modernes et le plus souvent très connues...
Avec "Rumeurs.. Les Possédées de Loudun", la Compagnie aborde hardiment une oeuvre originale inédite : "La Brûlure de la Rose", née de la plume alerte et lyrique de Joëlle Richetta. le personnage d'urbain Grandier (1590-1634) est historiquement bien connu. Sa personnalité est inséparable de l'affaire des possédées de Loudun qui avait donné lieu jadis à deux films marquants : Mère Jeanne des Anges, de jerzy Kawalerowicz, et Les Diables, de Ken Russel. En plein XVIIe siècle, le déroulement de cette affaire n'est pas séprable du contexte des guerres de religions, du combat de la royauté contre les féodalités et du conflit entre le pouvoir royal et celui du pape, comme elle ne l'est point non plus du contexte socio-politique de l'époque [...]
Pour mieux développer ce thème sur le plan théâtral, Guy Simon qui, en outre, compose un excellent portrait de Jacques le serviteur, a réalisé une mise en scène très dynamique dans laquelle cinq comédiens seulement multiplient leurs présences sous les masques en un nombre impressionnant de personnages de tout acabit. Le rythme de leurs métamorphoses est sidérant... Tout se déroule sur et autour d'un grand praticable qui joue le rôle de coulisses, d'oubliettes - peut-être aussi d'inconscient collectif! - et de réservoir des actions et évènements non montrés mais seulement évoqués : le procès, les tortures... Ce qui nous est offert, en revanche, dans une féroce mise en abyme drolatique, c'est le procès avec ses attendus et condamnations sans appel d'Urbain Grandier... par une troupe de bouffons et de bateleurs venus dénoncer sans appel les manoeuvres abjectes du pouvoir et de l'Eglise.
Henri LEPINE / La Marseillaise
RUMEURS
18-07-2010 16:43:54

En 1617, à Loudun, petite ville du Poitou o? cohabitent protestants et catholiques, Urbain Grandier, superbe jeune prêtre, place sa liberté de penser et d'agir au dessus de celle de Dieu... Un texte foisonnant de Joëlle Richetta servi par 5 comédiens protéiformes du théâtre du Kronope.

LE PITCH
Nous sommes ici à la veille du siècle des lumières. Urbain Grandier a 27 ans, il est jeune, beau et aime les femmes. Son sacerdoce de prêtre il ne parvient pas à le vivre dans la chasteté, pas plus que son inimitié pour le cardinal de Richelieu ni son amour de la liberté de penser. Le cardinal, avec la complicité des notables de Loudun, fera courir la rumeur suivante: les Ursulines du couvent sont possédées par le prêtre frivole. En août 1624, malgré les preuves d'une évidente manipulation, Urbain Grandier sera brûlé vif.

L'AVIS DU FESTIVALIER
Comme un super-héros baigné de lumière, Urbain Grandier apparait au sommet de la scène, entouré de personnages aux masques grossiers ou effrayants. Seul contre tous... Seul homme aux traits humanisés dans ce tintamarre, ce bal d'hypocrites et d'esprits simples. C'est la magie des masques et des costumes de Martine Baudry qui permet ce petit miracle: comme dans un "cartoon" o? le héros est entouré de personnages imaginaires (quels costumes! quels masques! on ne peut qu'imaginer l'effervescence en coulisse pour chaque changement).

Lo?c Beauché est un Urbain Grandier aux multiples facettes: séducteur, libre penseur... mais aussi pris de doutes, en proie à l'amour de la chair et d'une Madeleine qu'il épousera clandestinement. Le jeune prêtre n'a de cesse que d'éduquer l'esprit de son valet (facétieux et tendre Jacques, campé par un Guy Simon qui n'est pas sans rappeler dans son jeu Jacques Villeret) et de combattre l'obscurantisme ambiant.

C'est une mise en scène pyramidale qu'a choisi Guy Simon pour cette adaptation de ce fait divers du XVII e siècle: du sommet... à sa chute, on suit les aventures d'Urbain Grandier jusqu'au cachot o? l'ont amené rumeurs et calomnies. Comme quoi, pas besoin d'internet pour dispenser de fausses informations et vouer un homme au pilori! Des chausses-trappes, des personnages populaires qui campent justement la crédulité du peuple face au pouvoir (un procureur sur des échasses... tout un symbole!). On ne peut s'empêcher de faire des rapprochements avec notre actualité et se dire que, décidément, la rumeur peut servir toutes les époques.
Noëlle Réal / Avignews
BLANCHE NEIGE
12-07-2010 15:52:25

A l'heure o? de nombreuses têtes blondes et brunes sont nourries aux mangas, disney et autres références très visuelles, adapter LE classique de l'ami Walt sur scène est un vrai défi. Car si certains d'entre nosu se souviennent qu'avant d'être un dessin animé, Blanche Neige était un conte écrit par les frères Allemands, peu de petits spectateurs s'n soucient. Et c'est bien des yeux d'enfants qu'il faut "critiquer" cette pièce mise en scène par Guy Simon et interprétée par Ana?s Richetta et Lo?c Beauché. La mise en scène, justement, fait de cette adaptation scénique, plus qu'une réussite, un véritable moment de magie. es enfants sont bluffés par ces deux comédiens, un frère et une soeur qui se chamaillent avant d'aller au lit. Tout ici leur parle : la complicité de la fratrie et l'imaginaire déployé pour faire de Blanche Neige un spectacle de théâtre en 3D!! "C'est mieux que le dessin animé" lancera un petit spectateur de 7 ans à la sortie. C'est dire si le pari est largement gagné. Il faut dire que Guy Simon sait captiver par des tours de passe passe, des lumières et une musique qui déconnectent totalement du réel. Quant aux deux comédiens(une mention spéciale à Ana?s Richetta, qui il y a encore 2 semaines, donnait la vie...) ils débordent d'une énergie communicative, enchaînent les acrobaties, maintiennent le rythme et campent des "sales gosses" sans tomber dans la mauvaise caricature. On rit, on a (un peu) peur, on s'émerveille surtout... A voir absolument pour un premier (ou pas) contact réussi avec le théâtre.
Noëlle Réal / Avignews
RUMEURS
10-07-2010 15:55:40

Urbain Grandier est curé de la paroisse de Loudun. Romantique et un brin libertin, il déclenche chez les soeurs du couvent des rêves lubriques, considérés par ses adversaires politiques comme preuve de sorcellerie.

Alternant subtilement humour et gravité, la compagnie du Kronope nous convie à suivre cette chasse aux sorcières. Les personnages sont parfois grotesques, souvent drôles toujours colorés et débordants d'énergie. Certains se cachent derrière leurs masques comme derrière une prétendue vertu. D'autres, au contraire, se livrent face découverte et sans tabou, ils assument leurs utopies comme Grandier, sa femme et son valet.
L'histoire est contée à la première personne, lorsque Grandier est sur scène, mais aussi à la troisième, lorsque les rumeurs se répandent. Ces parallèles permettent d'apprécier la gravité de la situation et ses dérives.

On rit et on frissonne dans cette nouvelle création du Kronope. D'autant plus que le discours est étonnamment d'actualité : la morale chrétienne qui justifie les pires horreurs, la confusion entre politique et religion, la persécution des marginaux ... La conclusion de Rumeurs nous incite à nous demander si cette histoire n'appartient vraiment qu'au passé.
Sophie Benoît / Radio France Bleu
BLANCHE NEIGE
10-07-2010 15:55:40

Le public s’amuse autant qu’Ana?s Richetta et Lo?c Beauché prennent plaisir à jouer. Dans une adaptation et une mise en scène de Guy Simon, les deux acteurs-acrobates s’en donnent à coeur joie ; et les éclats de rire des enfants qui émaillent le spectacle sont le signe que le pari est réussi. Blanche-neige vue par le Théâtre du Kronope, c’est un conte à cent à l’heure admirablement servi par une musique signée Pascal Fodor. Deux gosses qui n’arrivent pas à s’endormir s’emparent du conte de Grimm pour laisser libre court à leur imagination. Leur chambre devient tour à tour château, forêt, chaumière et les objets s’animent, virevoltent. Le frère et la soeur s’adorent, se disputent, se liguent parfois pour être plus forts et combattre la peur. Dans la salle, les enfants exultent. Se lèvent pour mieux voir ce qu’il y a dans le sac des sept nains et dans la malle à jouets.

A la sortie, une maman est ravie et fière de sa petite fille : elle n’a pas bougé et n’a même pas demandé son doudou. Marie, bientôt dix ans, livre son avis : "C’est une compagnie très originale avec des costumes hors du commun. Il y a une musique plutôt envoûtante qui donne de la vie au spectacle et entraîne le public".
Bruno Hurault
RUMEURS
10-07-2010 15:55:40

LA RUMEUR GRONDE
Le nouveau spectacle du Kronope, Rumeurs...Les possédées de Loudun, créé à la Collégiale de Loudun ( joli clin d'oeil), a reçu lors de sa présentation en avant-première du festival un succès qui augure bien de son mois de juillet à la Fabrik'Théâtre. Sur le papier, l'histoire est plutôt classique bien que célèbre. Urbain Grandier est un jeune prêtre séducteur qui fait tourner les têtes des religieuses du couvent des Ursulines. un homme qui prend femme, qui n'hésite pas à dénoncer la politique du Cardinal de Richelieu, et devient l'objet des rumeurs les plus graves : il serait l'instrument du diable en personne ! L'histoire se passe en 1617 et le rapprochement avec notre époque encore engluée dans l'étau des manipulations politiques nous trouble forcément. Mais on se prend à l'oublier et entrer complètement dans l'esthétique très baroque du spectacle. Des costumes grandioses aux masques larvaires superbes, du jeu très poussé et énergique des cinq comédiens au don d'ubiquité hors norme, la recette de la troupe du Kronope fonctionne toujours. Joëlle Richetta, aussi douée pour inventer des costumes que pour l'art de raconter des histoires, signe une adaptation réussie de La Brûlure de la Rose et Guy Simon met en scène avec vivacité une vraie comédie engagée. Cet Urbain qui ne cesse de répéter que "la force de l'homme existe dans sa capacité à penser sa vie" reste un papillon libre, un électron dans une société o? la magie noire et les démons nourrissent les angoisses du peuple.
Delphine Michelangeli / Zibeline
RUMEURS
10-07-2010 15:55:40

Mon Dieu, quels spectacles !

Rumeurs... Les possédées de Loudun
Le 17ème siècle dans le Poitou. Le jeune Urbain Grandier est nommé chanoine à Loudun. Grande et belle gueule, il prêche volontiers pour le droit des prêtres aux plaisirs de la chair. Et en plus, il a eu le culot de critiquer Richelieu dans ses écrits... en cette époque trouble o? les démons hantent l'esprit du peuple, il faut faire tomber cet homme né quelques siècles trop tôt (quoique...)
La rumeur court, et on voit l'étau se resserrer sur cet homme un peu trop libre, sous le regard des bouffons masqués. on ne sait pas - et on continue de s'interroger une fois sortis de la Fabrik' - à quel point le pouvoir était conscient de tirer les ficelless de l'hystérie collective. Toujours est-il que Joëlle Richetta et ses acolytes nous rappellent, avec humour et sans grandiloquence, à quel point les pentes obscurantistes sont glissantes... Mais s'il est une rumeur que l'on peut colporter, c'est bien celle-ci : la dernière création du Kronope est d'utilité publique.
Joël RUMELLO et Amélie RIBEROLLE
RUMEURS
08-07-2010 15:40:12

Sur un texte de Joëlle Richetta, quand l’Histoire inspire le théâtre… (à la Fabrik Théâtre)

Le Kronope, pour ceux qui ne connaitraient pas encore, c’est une troupe, d’abord et avant tout. C’est à cet esprit de troupe véritable, si rare désormais, qui plonge ses racines très loin dans l’histoire du théâtre, depuis Molière ou le théâtre Elisabéthain, que l’on identifie d’abord la « marque » Kronope. Une bande joyeuse et soudée, qui crée ensemble, parfois souffre ensemble… depuis plus de vingt ans. Une famille, en fait. Et d’ailleurs, c’en est une, au sens patrimonial du terme, qui s’agrandit au fil des ans autour de Guy Simon et de Joëlle Richetta… Ce qui les réunit est cette solide passion pour un théâtre populaire, exubérant, ébouriffé qui utilise tout le répertoire formel de la Commedia et du classique Français. On a là à faire à un théâtre très visuel, physique, qui s’élabore sur des textes forts, souvent des classiques du répertoire, mais pas que cela, avec une débauche de masques et de costumes, et l’omniprésence d’une bande-son aux musiques originales. Bref, un théâtre haut en couleur, baroque sans être outrancier.

Leur Création 2010 reprend un fait historique, presque une légende tant elle aura marqué l’imaginaire collectif et est révélatrice d’une époque [...] à connecter sur notre monde contemporain, o? l’on a vite fait d’assassiner symboliquement ceux ou celles qui dérangent la bonne conscience populaire.

Cette pièce est, comme toujours avec la compagnie, le résultat d’un véritable travail collectif emmené par le metteur en scène Guy Simon et la désormais auteure Joëlle Richetta, autour d’un gang rôdé au rythme de la comédie ; elle est surtout le fruit d’une commande passée par la Ville de Loudun, qui a accueilli Joëlle Richetta et sa troupe pour une résidence de travail, dont l‘aboutissement est cette « farce » dans la meilleure tradition Kronopienne . La part-belle faite aux costumes et aux masques (remarquables, ?uvres de Martine Baudry), la direction d‘acteurs précise de Guy Simon, illuminent ce beau texte de facture classique, qui sied à l’art du Kronope. Avec une révélation, que ce jeune prêtre interprété par Lo?c Beauché, récemment arrivé dans la troupe, qui campe ce libertin gourmand et licencieux avec une assurance remarquable et un véritable sens de la comédie. Guy Simon signe là une mise en scène parfaitement raccord avec l’esthétique de la troupe, virevoltante, servie par une scéno pour une fois discrète et une bande son très présente. Un beau morceau de comédie, enlevé et irrévérencieux…
Luc Benoit / Le bruit du Off
autres
06-05-2010 20:16:41

L’OISEAU BLEU

Conte ou allégorie? Inspiré du texte de Maeterlinck, "l’oiseau bleu" conduit deux personnages à la recherche de l’oiseau bleu susceptible de leur donner le bonheur. A travers faux bonheurs et vrais désirs, sur le chemin des anecdotes et au fil des rencontres, le parcours initiatique traverse le pays du souvenir et celui de l’avenir. Dans le public, petits et grands apprennent, en cheminant aussi, à voir au-delà des illusions et des apparences. Mise en scène, costumes et accessoires, et jusqu’à la musique originale sont bien dans la ligne, visuelle et chorégraphique, généreuse et colorée, qui signe la marque du Kronope.
Geneviève DEWULF pou Vaucluse Matin - 8 Juillet 2009
LA TEMPETE
06-05-2010 00:00:00

Le Manteau de Prospero
COUP DE COEUR RUE DU THEATRE

Le Théâtre du Kronope a pour règle de produire des spectacles qui mettent en jeu délibérément toutes les ressources dont dispose le théâtre: masques en provenance de la commedia dell arte, costumes, jeu très physique, circassien ou même clownesque, pouvant faire appel aux acrobaties... le tout dans le cadre d'une gestuelle, une rythmique,rigoureusement minutées en fonction d'une bande sonore et musicale très travaillée, le plus souvent au service d'oeuvres classiques très connues. Le résultat est, le plus souvent, éblouissant, d'autant que le dispositif scénique et la scénographie elle-même dans sa globalité ne laissent guère de libertés par rapport au but recherché. Tout est minuté très rigoureusement. Ainsi en est-il pour cette adaptation de "La Tempête" qui a soulevé l'enthousiasme de tout le public.

[...] Résolument moderne...

Le manteau immense de Prospéro, au début du spectacle, recouvre entièrement le plateau tel le signe même de la possession d'un territoire dont il est le seigneur et maître.
C'est Guy Simon lui-même qui interprète Prospéro à qui il confère une autorité non dénuée de malice. Ana?s Richetta joue alternativement, et avec quel brio, Miranda et Ariel, espiègle génie de l'air aux accents juvéniles. Et,dans ses deux prestations, on ne peut que l'applaudir sans aucune réserve pour sa fougue, Martine Beaudry, Lo?c Beauche,Anouck Couvrat et Jérôme Simon interprètent avec brio et sous le masque tous les autres personnages.
Henri LEPINE (Avignon) pour Rue du Théâtre - 27 juin 2009

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